Bronzés ou pas, reposés ou non, il faut bien reprendre le chemin de notre "école" à nous . Alors, on s'encourage mutuellement "bonne reprise!", mais que souhaitons-nous vivre de neuf pour que cela ne soit pas seulement un recommencement ou une marche forcée tête baissée en attendant le prochain été ? Personnellement je ne suis ni bronzé ni reposé mais l'espace d'un instant j'ai pu tout de même prendre le temps de me demander ce que je voulais vivre de nouveau ou autrement cette année. Il m'est venu pas mal d'idées ou plutôt de désirs: ne pas stresser devant le poids du travail et des responsabilités,le vivre cool...mais comment y parvenir ? En réfléchissant un peu, je pense que plusieurs choses peuvent m'y aider: Essayer de vivre ces responsabilités de façon moins solitaire en sollicitant davantage les conseils ou point de vue des autres et en partageant, quand cela est possible,le "management" des différents dossiers.En vivant aussi plus au "présent"(c'est très utile de faire des plans à moyen ou long terme surtout dans certains domaines , mais en se projetant tout le temps on risque de passer à côté du plus important : Aujourd'hui ! ). Et puis aussi prendre le temps d'une vie "intérieure" qui peut passer par des choses en apparence très éloignées, mais qui ne le sont sans doute pas tant que ça: la lecture, jouer d'un instrument de musique, la prière, la marche à pieds ...
lundi, juin 14 2010
du temps
Par fleur de sel le lundi, juin 14 2010, 10:31
Je l’ai vécu de différentes façon au long de ma vie. Enfant, il n’avait pas de durée. Adolescente, c’était plutôt trop lent. Jeune adulte, il était temps de faire quelque chose de ma vie. Adulte (mariée, un travail puis des enfants), il était bien rempli et, dans l’ensemble, je m’éclatais parce que j’aimais tout ce qu’il y avait à faire. Un malheureux accident de voiture dans la famille a arrêté le temps et m’a fait découvrir que nous n’en étions pas maître. La vie de couple m’a appris qu’avec le temps nous changeons et que nous devons nous réadapter l’un à l’autre, réapprendre à nous aimer différents et cependant toujours les mêmes. A la retraite, enfin du temps pour moi, pour nous, et pour ces nouveaux venus : les petits-enfants. Donc un temps encore bien rempli : par des activités dont j’avais envie avant, par les petits, par un service d’Eglise (continuer l’Action Catholique qui m’a appris (pour faire simple) à prendre conscience de ce que je vis, à le partager avec d’autres, à la lumière de la Parole de Dieu, à discerner ce qui peut être converti en moi et avec d’autres). La maladie d’un de nos fils nous fait vivre deux temps parallèlles : le sien et le nôtre ; c’est parfois déconcertant car il nous arrive de nous demander dans quelle réalité nous sommes. Mais gardons confiance en Dieu et dans la vie. Et toujours la joie de la rencontre avec les gens, du partage, voilà à quoi me sert le temps qu’il nous est donné de vivre.
vendredi, avril 2 2010
Pas question de décider pour notre enfant !
Par Adrien le vendredi, avril 2 2010, 21:18
Très conscients de l'importance de ne pas décider à la place de l'enfant, un certain nombre de parents veulent le laisser libre de choisir quand il voudra et comme il voudra de son orientation "religieuse". D'autres pensent qu'ils décident déjà pour lui de bien des choses (style d'éducation, choix d'école, type d'alimentation ...) et que c'est aussi de leur responsabilité de lui donner des "armes" pour ne pas se laisser formater par le matérialisme de notre société. Moi qui n'ai pas d'enfants mais seulement des neveux et nièces, je comprend les différentes attitudes mais je me dis qu'aujourd'hui ne pas aider un enfant à développer sa vie intérieure en lui proposant une certaine "nourriture" et une recherche avec d'autres de son âge, c'est sans doute le priver des "matériaux" qui lui permettraient de se construire intérieurement et de faire ses choix dans la vie. Certes après il faut choisir la "nourriture" que l'on veut lui proposer, mais pourquoi pas celle qui nous fait vivre nous-mêmes ou qui fait vivre des proches que l'on estime ? Pourquoi pas non plus pour accompagner ses premiers "pas" ne pas nous mettre nous aussi en "recherche" active à partir de nos propres questions ?
dimanche, février 7 2010
Carême pour les cancres ou 40 jours pour enfin m'occuper de moi !
Par Tryphon le dimanche, février 7 2010, 18:14
Le Carême m'appelle à lutter contre toute forme d'égoïsme et de haine et mourir à moi-même pour vivre en Dieu. Le Carême constitue une formidable invitation à convertir mon coeur, à me convertir. Mais comment vais-je réussir à entrer en Carême cette année avec tous ces soucis professionnels qui me rongent, toutes ces tensions qui me mangent de l'intérieur ?
J'ai découvert par hasard un petit livre que je vous le recommande. Il s'intitule "Carême pour les cancres" (édité par le Centre Saint Jean de la Croix) et son édition 2010 est disponible dans toutes les libraires cathos au prix modique de 3,50 euros !
Ce petit livre propose de consacrer quelques minutes par jour (allez 10 minutes !), soit 0,7% de notre vie, à notre vie éternelle. Chaque jour, un texte emprunté à la grande tradition spirituelle chrétienne est proposé. Chaque texte est suivi par une invitation à la méditation et par une suggestion de mise en pratique.
Voici quelques suggestions de mises en pratique prises au hasard :
- Je prends le temps de relever tous les coups frappés aujourd'hui par Dieu à ma porte : ce malheureux croisé ce matin et que j'ai préféré éviter, ce geste généreux dont j'ai été témoin, ce malaise intérieur quand j'ai éprouvé quand j'ai laissé accuser cet innocent ... Nous avons quarante jours pour commencer à remettre tout cela en ordre.
- J'examine sans complaisance ma vie de prière. Combien de temps y ai-je consacré chaque jour depuis 6 mois ? Avec quelle régularité ? Puis-je dire que j'ai toujours conscience de la présence de Dieu, de ma présence à Dieu ?
- Au lieu de me plaindre aujourd'hui de mes ennuis de santé, de famille de travail etc ... je vais relever tout le positif de ces situations, et essayer d'y lire les invitations de Dieu à les vivre selon l'Evangile.
- J'ai certainement dans mon entourage des pardons à donner ou à recevoir. Alors, j'en repère un, et dès aujourd'hui, je fais un pas vers la réconciliation.
Bon Carême et vive les cancres !
mardi, février 2 2010
Etre choisie comme marraine!
Par Scalpa le mardi, février 2 2010, 06:50
Cela m'est arrivé à 3 reprises. Alors que je constatais amèrement n'avoir jamais été choisie comme témoin de mariage, j'ai reçu, coup sur coup, un faire part d'arrivée en France de Jonas, adopté par des amis et qui m'avaient demandé d'être sa marraine et un appel de mon frère qui me disait: "qu'est-ce que tu penses d'Hector? ( son fils nouveau né) Es-tu prête à t'investir plus pour lui?". Bien que surprise par la formulation de la question, j'ai répondu tout de suite "oui' et bondi de joie juste après. Dernièrement, j'ai été choisie pour devenir la marraine civile d'Océane. L'adjoint au maire nous a lu les obligations, qui incombent aux parents et aux parrain et marraine: élever l'enfant sous l'empire de la raison, dans l'honneur et dans la solidarité et il a ajouté que nous mêmes avions eu des parrains et marraines et savions combien c'était important pour l'enfant. C'est vrai que j'ai été particulièrement chanceuse et qu'outre d'avoir été très gâtée par mon parrain et ma marraine quand j'étais petite, ils m'ont écoutée et aidée, au début de l'âge adulte, quand c'était plus difficile de se comprendre avec mes parents. Une seul de mes trois filleuls a été baptisée à l'Eglise, je me sens donc plus à l'aise pour lui offrir l"'Evangile pour les tout petits" mais quelle que soit la forme prise par ma " désignation" , je me sens reliée à eux trois par une responsabilité et de l'amour.
dimanche, janvier 31 2010
Le pouvoir ... de se croire tout permis?
Par Scalpa le dimanche, janvier 31 2010, 18:08
Je travaille dans une collectivité territoriale et ai l'occasion de fréquenter des membres du cabinet du Président. A l'interface entre le politique et l'administratif, ces personnes ont une grande influence. Quand j'ai commencé à travailler là, l'un des membres du cabinet m'avait fait des avances de nature sexuelles, que je n'avais pas prises au sérieux, puis était passé à un registre de menaces concernant mon travail: "si tu me refais cela, je vais demander au DRH de te couper la tête!" parce que j'étais arrivée en retard à une réunion. J'en avais été amenée à modifier mon comportement et à éviter de le rencontrer et n'ai pu me sentir bien qu'à partir, du moment où j'en avais parlé à une de mes supérieures hiérarchiques, elle m'avait assuré de son soutien. Il est finalement parti.
La semaine dernière un autre membre du cabinet m'a demandé mon âge et a conclu la conversation en disant " ah je pourrai tenter ma chance avec toi!" en public. A chaque fois je trouve ce type de comportement tellement aberrant que je n'arrive pas à le prendre au sérieux. Et pourtant le malaise est présent.
Comment se fait-il que ces personnes se permettent de se comporter ainsi si ce n'est parce qu'ils pensent bénéficier de l'impunité? Est-ce que le pouvoir mène forcément à ce type de dérives?
jeudi, janvier 28 2010
Bonne Année ??
Par Adrien le jeudi, janvier 28 2010, 14:47
Par cette formule mille fois répétée,nous avons ouvert l'année et continuons peut-être de le faire.Mais que souhaitons-nous réellement comme "bonne" année à nos interlocuteurs ? Quelle année souhaitons-nous construire et recevoir les uns des autres ? Je constate que le plus souvent ce n'est hélas qu'une formule et moi-même je me surprends à l'utiliser sans la personnaliser ou sans y prêter attention au même titre que les "comment ça va? " échangés chaque jour, comme si on pouvait en deux minutes dire "comment" on va ! d'autant plus que celui qui pose la question n'est pas forcément prêt à l'entendre... Cela me fait réfléchir sur nos paroles en général.Est-ce qu'on les "habite" vraiment avec le désir de rencontrer l'autre ou est-ce du pur formalisme ? Pour avoir eu il n'y a pas longtemps une réponse "forte" empreinte de confiance à ma question:"Que faut-il vous souhaiter cette année? ", j'ai redécouvert l'importance de ces paroles de tous les jours.
samedi, janvier 16 2010
Nous sommes tous des étrangers
Par fleur de sel le samedi, janvier 16 2010, 20:30
Une belle-fille marocaine, musulmane, A.,(française depuis son mariage), une belle-fille allemande, catholique, K. Nous ne l’aurions pas imaginé, nous avons à le vivre. Mais elles aussi ont à vivre avec des étrangers. Leur mari d’abord, leur belle-famille élargie, les amis, les personnes au travail pour A. qui vit en France depuis environ 20 ans. Elle a su se faire apprécier par notre famille. Nous n’avons pas eu la possibilité de faire la connaissance de ses parents, son papa étant décédé après son mariage (11 ans), sa maman en 2009, parce qu’il y a toujours eu quelque chose qui nous a empêchés d’aller au Maroc. Nous espérons rencontrer sa famille dans un proche avenir. Nos deux petits-enfants semblent passer d’une culture à l’autre sans heurts, ils apprennent l’arabe et le parlent avec leur mère. Evidemment ils sont plus à l’aise en France puisqu’ils y vivent. Ils vont au Maroc tous les ans. K. et notre fils vivent en Allemagne. Ils viennent de se marier. Bien que nous soyons européens et connaissons l’Allemagne pour y avoir été en vacances plusieurs fois, il nous faut nous ajuster et notre fils nous aide, ainsi que la gentillesse de K. Elle a beaucoup voyagé pour ses études et est ouverte à tout. Elle parle bien le français. Nous avons sympathisé avec ses parents. Elle a su aussi se faire apprécier. Je me rends compte que nous avons tous à faire un chemin vers l’autre. Nous essayons d’être attentifs à ne pas choquer l’autre, par rapport à la religion par exemple, tout en affirmant ce que nous sommes. Avoir des relations demande d’être prudent, respectueux, sans oublier l’affection à témoigner. Je sens et mon mari aussi que c’est surtout notre cœur qui doit parler. Je me suis remise à l’allemand et j’ai commencé à apprendre l’arabe (pas par raison mais parce que ça me passionne) et je partage avec mon mari ces cultures que nous n’avons pas fini de découvrir (bien que j’aie vécu 20 ans en Algérie). Sinon il s’agit d’être parents, beaux-parents et grands-parents comme tout le monde.
dimanche, décembre 6 2009
La magie de Noël?
Par Scalpa le dimanche, décembre 6 2009, 16:32
Depuis quelques années, je ne passais plus Noël avec mes parents et mes frères et leur famille. Mon mari ne souhaitait plus voir mes parents et je ne me voyais pas au pied du sapin, seule en leur compagnie, comme lorsque j'avais 10 ans, alors que j'en ai près de quatre fois plus.
L'année dernière nous sommes allés passer Noël dans la famille d'amis et le père de famille, Gérard , que je remerciais pour son accueil, m'a répondu : oh nous on est généreux avec les SDF!
Pas facile d'inventer donc quelque chose de nouveau et de ne pas avoir la boule au ventre avant les fêtes en se disant: que va t'on faire pour Noël cette année?
Et bien cette année, mon frère cadet nous a demandé l'hospitalité pour deux nuits fin novembre, chose qu'il n'avait pas esquissée depuis 17 ans. Mon mari en a profité pour inviter mon autre frère et sa famille. Nous avons passé un dîner très sympa où nous avons notamment évoqué quelques souvenirs d'enfance. Et pour conclure mon mari a déclaré: et si on allait passer Noël chez vos parents? Et tout le monde a dit oui.
Ce que je n'osais plus espérer va donc se réaliser et je suis sereine avant ce Noël, n'appréhendant pas la prochaine dispute de cette famille si volcanique, mais qui est la mienne!
samedi, novembre 28 2009
A LA RUE .
Par Adrien le samedi, novembre 28 2009, 11:24
Chaque jour, je croise des personnes qui vivent dans la rue et j'ai toujours le même sentiment de honte.Comment notre société (dont je fais partie aussi ...) peut laisser faire cela ! Bien sûr, les causes sont multiples et complexes.Entre ceux qui ont été expulsés, ceux qui ne peuvent pas accéder à un logement,ceux qui sont loin de chez eux en attente d'un départ vers un pays où ils pensent trouver un travail,ceux qui sont malades psychiatriques, ceux qui ont une chambre et un RMI mais ne peuvent vivre sans une aide supplémentaire... J'en connais certains avec qui je vais discuter un peu de temps en temps et je suis étonné chaque fois de leur joie d'avoir pu échanger sur tel ou tel sujet,ils en oublient même de me demander une pièce... Il y en a d'autres que je fuis car je ne me sens pas capable de discuter avec eux dans l'état alcoolique où ils sont où parce que je suis pressé ...(mais quand ai-je vraiment le temps pour ça ?). Il y a des associations, de nombreux bénévoles qui réveillent notre attention à ces personnes et cherchent à manifester leur soutien et leur désir que l'état prenne en compte ces situations (cf."Nuit solidaire" entre autres), mais à ma place quelle est ma responsabilité, qu'est-ce que je peux faire ? Devant l'ampleur du problème, je me sens impuissant. Je prie très souvent pour eux en particulier quand je me sens démuni en passant à côté d'eux, mais je me reprends aussitôt en ayant peur d'une prière "facile" qui suppléerait à mon inaction ... Cela m'amène parfois à être plus actif et surtout à prier pour que mon regard change vis à vis d'eux et pas simplement pour eux.
mardi, novembre 3 2009
Mon ami est très malade
Par Zéphyre le mardi, novembre 3 2009, 09:43
Mon ami est très mal, mon ami va peut-être mourir. Depuis des mois, il s'affaiblit jour après jour et passe plus de temps à l'hôpital que dans sa propre maison. Autour de lui, certains répondent résolument "présent". Sa femme, d'abord, chaque jour à son chevet, un de ses enfants, un frère, une soeur, quelques amis. D'autres ont beaucoup de mal avec la situation mais, malgré tout, ils se font violence, il sont là autant qu'il le peuvent. D'autres, un enfant, un frère, disent "je ne peux pas". Cette incapacité n'est pas indifférence mais elle est une plaie vive dans le coeur de celui qui est en partance. Quelle mystère que ces attitudes différentes. Les personnels des services hospitaliers décrivent cette fuite de certains proches et des morts solitaires. D'où vient que certains aient la force et d'autres pas? D'où vient que cette peur de la mort ait une telle emprise sur nous que nous n'arrivions pas à faire ce que nous aimerions?
samedi, septembre 26 2009
Les cloches, le dimanche matin...
Par Scalpa le samedi, septembre 26 2009, 09:50
Dernièrement, j'entendais les cloches sonner, alors que j'étais dans ma cuisine un dimanche matin. C'est un beau son qui résonne particulièrement quand tout est calme comme ces matins là. J'entendais vraiment un appel et je me disais: "Tiens, tu pourrais aller à la messe !"
La pensée suivante était: tu n'as rien prévu de spécial ce matin pourquoi ne pas sortir de ta routine habituelle de ce jour de repos ? Mais finalement, je ne me suis pas décidée. je suis allée souvent à l'église à côté de chez moi il y quelques années. Les fidèles sont tous assis les uns à côté des autres et il y a peu d'échanges entre eux.
Mon mari n'étant pas croyant, je vais seule à la messe et je vois d'autres personnes qui se connaissent depuis longtemps et en même temps il ne rayonne pas un plaisir d'être ensemble qui me donnerait envie de les rejoindre. Et d'ailleurs, je n'ai pas trop envie de me manifester de crainte d'être invitée à m'investir plus significativement dans l'Eglise. Bref, je suis en recherche, peu active, d'une communauté chaleureuse mais pas étouffante ! Vaste programme !
vendredi, septembre 25 2009
Post mortem
Par Tryphon le vendredi, septembre 25 2009, 14:37
Le premier jour après une mort, la neuve absence est toujours la même ; la personne n'est plus là, nous ne nous pouvons lui parler.
Suis-je toujours à la hauteur des relations que j'entretiens avec les autres ? Est-ce que je prends suffisamment le temps de dire à mes proches combien ils comptent pour moi ? N'ai-je pas des regrets d'avoir laissé partir certains proches sans leur témoigner tout mon amour ?
Nous devrions avoir souci les uns des autres, nous devrions avoir de la bonté, pendant qu'il en est encore temps.
dimanche, août 9 2009
la maladie
Par fleur de sel le dimanche, août 9 2009, 21:03
Depuis un an nous savons que notre fils a une maladie orpheline « le syndrome Gilles de la Tourette », ceci après avoir passé dix ans à chercher de quoi il souffrait. Nous n’avons pas compté le nombre de médecins, spécialistes, hôpitaux, psychiatres, naturopathes, etc… consultés pendant ce temps. Après qu’il ait essayé en vain de travailler et de réagir. Après ces années, où en sommes-nous, les uns et les autres ? Lui, il se bat toujours, c’est-à-dire qu’il se soigne, pour autant qu’on puisse appeler cela « se soigner » puisqu’il n’existe pas de traitement, seulement des médicaments qui aident à tenir, à stabiliser un peu, à dormir. Il a été reconnu handicapé. Nous avons rencontré des personnes dont un parent est atteint de cette maladie et nous nous sommes sentis moins seuls mais pas plus avancés. Nous avons tenu le coup et devrons le tenir encore. Ses frères nous aident bien, malgré sa décision de ne plus voir l’aîné. Nous pensons maintenant à l’avenir car nous ne serons pas toujours là, aussi nous nous renseignons sur ce qu’il est possible de prévoir financièrement, en accord avec ses frères. Pendant ces années, nous avons connu l’espoir, la volonté de comprendre, l’échec, la critique, l’incompréhension. Ses réactions sont parfois très dures et c’est particulièrement éprouvant pour nous. Nous avons appris à vivre avec la maladie, tout comme lui. Nous n’avons caché à personne qu’il est malade. Cela aussi est très aidant car on peut en parler et c’est réconfortant. Et la foi alors ? Lui n’est pas croyant. Mon mari ne dit rien. Je prie bien sûr pour lui, pour les soignants, pour les chercheurs, pour nous. Je dois dire que j’ai connu des moments de désespérance tout comme mon mari, mais sortir de chez soi, de notre souci, en allant vers les autres nous a soutenus. Ne pas s’enfermer sur notre situation, vivre la vie qui nous est donnée de vivre, en accepter aussi les joies, les partages, les efforts. Nous ne savons pas ce qui arrivera et c’est tant mieux, car c’est là que s’invite l’espérance.
samedi, juin 20 2009
Courage, fuyons!
Par Zéphyre le samedi, juin 20 2009, 08:36
Qui n'a pas connu ces moments de vide, de creux, où l'on n'a de goût pour rien, où rien ne semble avoir de sens, moments de tristesse inexplicables. Tous, je pense, sommes passés par là, plus ou moins longtemps, plus ou moins profondément. Pour certains, cela peut devenir dépression, tel n'est pas mon propos ici. Lorsque cela survient, je n'ai qu'une envie, prendre mes jambes à mon cou, combler, remplir. Chacun a sa recette, je vous livre quelques unes des miennes: multiplier les activités, bourrer l'agenda, se remplir, se gaver de délicieux trucs déconseillés et fauteurs de bourrelets, regarder, à s'en abrutir des émissions imbéciles à la TV, écouter 250000 fois la même interview sur France Info, partir dans des rêveries ineptes, j'arrête, ceci n'est pas une confession. Chacun ses méthodes, vous avez sûrement les vôtres, pour certains elles peuvent devenir dangereuses, allant jusqu'à l'addiction. Un point commun qui les différencie du loisir, de la distraction, de la détente, indispensables à la vie: ces fuites ou ces remplissages nous laissent avec une impression de gueule de bois et le foutu manque est toujours là. Depuis quelques temps, poussée, aidée par une force mystérieuse, j'ai osé traverser le manque. Puisque tu es là, eh bien, je t'accueille, je te vis, je t'accepte, je ne fuis plus, je ne remplis plus, je te fais face. Qu'y a-t-il au bout du vide, au bout du rien? Oui, qu'y a-t-il ou plutôt QUI y a-t-il? Petit à petit, de façon maladroite et balbutiante, comme le petit enfant, guidé, apprend à marcher, une rencontre se fait. Au fond du manque, quelqu'un nous attend, au fond du manque, il y a la Présence. Depuis le début, Elle était là, patiente. Loin de refermer sur soi, Elle nous ouvre, nous dilate, nous rend présents à ce et ceux qui nous entourent. Bien sûr, j'ai des rechutes, le manque est toujours là, mais il ne me fait plus peur. Sans doute même est-il ce qui met en route vers l'Inconnu, vers l'Autre et tous les autres.
lundi, mai 18 2009
Féminin-masculin/masculin-féminin
Par fleur de sel le lundi, mai 18 2009, 18:10
La grosse question, le sujet que toutes les revues traitent, sur lequel bien des livres apportent leur analyse, leur vision, qui donne lieu à bien des romans. Titre d’une pièce de théâtre : les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus. Et je vais, moi aussi, m’en mêler ! Je trouve que les pièces de théâtre nous en apprennent pas mal sur ce couple, souvent avec humour. Et il en faut de l’humour pour vivre ensemble, femme et homme. Vivre c’est-à-dire en couple d’abord, mais aussi au travail, entre amis, en politique, etc. Femme et homme sont des êtres humains . ok . Après ? D’après la charte des droits de l’homme, ils sont égaux, ou plutôt devraient être égaux car il y a encore des situations dans lesquelles ils ne le sont pas, en ce qui concerne certaines responsabilités et les rémunérations entre autres. Femme et homme sont des être sexués, donc appelés à une vie sexuelle. Là aussi l’encre a coulé, coule et coulera avec les excès que le billet de Zézette dénonce. En prenant un peu de hauteur, c’est quand même la base de notre vie quotidienne. Après 45 ans de mariage, je peux dire que c’est une découverte de chaque jour. Il y a un côté agaçant et passionnant dans nos différences. Ca peut être destructeur ou bien constructif, à nous de choisir. Car cela dépend de notre façon de voir l’autre : celui(celle) qui n’est pas comme moi, qui me contrarie, que je ne comprends pas toujours, ou bien celle(celui) qui m’apporte ce que je n’ai pas, qui met de la vie dans ma vie par sa différence physique, sa façon de vivre les relations, de voir les choses. Tenez, dans le métro (que je prends beaucoup), j’observe les personnes des deux sexes et je suis émerveillée de la diversité. Femmes et hommes se côtoient, se croisent, se parlent, se regardent et heureusement car c’est ça la vie.
mercredi, mai 13 2009
Concours du plus bel orgasme
Par Zéphyre le mercredi, mai 13 2009, 18:00
Comme beaucoup sans doute, me voilà inondée de mails me vantant la longueur de la bite de X ou Y, en alternance avec ceux qui souhaitent m'aider dans mes défaillances et se proposent de me fournir du Viagra. Chez le coiffeur, les magazines féminins m'interrogent à longueur de pages sur la fréquence de mes relations sexuelles, sur la qualité et la nature de mes orgasmes et les meilleures techniques pour y parvenir, quand ce n'est pas sur les avantages, qu'il y a à varier les partenaires. Sommes-nous à ce point obsédés par la dimension sexuelle de nos vies? Ou, au contraire, paniqués par toutes ces exigences de performances qui voudraient s'imposer comme normes incontournables? Je me verrais plutôt dans la deuxième catégorie. Suis-je à la hauteur? Certainement non, si j'en juge par toutes ces prouesses éclatantes! Qu'y a-t-il derrière cette préoccupation 100 fois ressassées, cette recherche de modes d'emploi, de solutions toutes prêtes et valables pour tous? J'y vois beaucoup de peurs, peur de soi, peur de l'autre, peur de l'engagement peut-être, auxquelles j'ajouterais un soupçon de narcissisme. L'idée qu'il y aurait une manière d'être et de faire qui serait la bonne et à laquelle chacun devrait se conformer, faute de quoi il ne serait qu'un pauvre type, un raté peut-être? Ecrivant ces lignes, je pense aussi à tous ceux qui sont seuls, par choix ou du fait des circonstances de la vie, ou encore atteints de limites physiques. Même s'ils ne vivent pas de relations sexuelles abouties, ils ont une vie "sexuée", des relations, des liens, de l'affectif, parfois une vie sexuelle pas tout à fait, pas complètement... Et alors, tout cela serait-il sans valeur sous prétexte que l'orgasme du point G est absent? Est-il possible d'accomplir une vie d'homme de façon épanouie sans atteindre ces sommets? Alors que nous allons à la rencontre de l'autre avec nos richesses mais aussi avec nos faiblesses, nos replis, nos peurs. Petit à petit, dans la durée, quelque chose se construit avec tout cela; les moments heureux nourrissent et vivifient ceux qui le sont moins. Et avec le temps, on s'aperçoit qu'il ne s'agit pas d'abord de technique mais de confiance et d'attention à l'autre, pas d'abord de savoir faire mais de présence, pas de performance mais d'amour de l'autre jusqu'au plus intime.
mercredi, avril 22 2009
La crise : Pour quoi ? pour qui ?
Par Tryphon le mercredi, avril 22 2009, 14:47
Les média se régalent avec la crise et avec son cortège de mauvaises nouvelles …
Mais de quelle crise parlons-nous ?
- La crise financière : ne va-t-elle pas permettre peut-être enfin de moraliser le système financier et remettre un peu d’ordre dans les banques ?
- La crise économique : était-il vraiment raisonnable de vivre au-dessus de nos moyens ? N’est-ce pas l’occasion de limiter les excès de la société de consommation et son lot d’addictions ?
- La crise sociale : n’est-il pas temps de remettre de l’humanité dans l’entreprise ? n’est-ce pas l’occasion de s’interroger sur des écarts de salaire de 1 à 100 au sein de la même entreprise ?
Oui la crise n’est pas drôle et nous ne nous en passerions bien. Toutes nos familles sont touchées : certains sont touchés par le chômage et les autres par le stress lié à un avenir professionnel incertain.
Mais puisque nous avons cette crise sur le dos, pourquoi ne l’utilisons pas pour nous recentrer sur l’Essentiel et de construire une société plus humaine ?
Si la crise avait son lot de bonnes nouvelles.
Alors Proclamons la Bonne Nouvelle !
samedi, mars 28 2009
Je ne dirai plus que je ne parle jamais de ma foi!
Par Scalpa le samedi, mars 28 2009, 15:35
Pas facile de dire qu'on est croyant et qui plus est catholique dans notre beau pays laïc. Ce n'est que depuis peu de temps que j'entends dire que la laicité a été créée aussi pour protéger l'exercice des différentes religions et pas uniquement pour éviter l'emprise de la religion sur les affaires temporelles. Au travers de différents échanges, je me rends compte que je parle de ma foi petit à petit et souvent quand la confiance s'est installée. Quand mon amie Myriam a perdu sa maman, je lui ai écrit que je prierai pour elle. Quand mon amie Virginie m'a dit qu'elle avait choisi un texte de Prévert lors de son mariage, à défaut d'un texte religieux parce que déjà mariée à l'Eglise et divorcée, elle n'avait pas le choix, je lui ai dit que l'Eglise n'était pas que cela...Et vous, vous en parlez facilement?
vendredi, mars 27 2009
vivre le temps
Par fleur de sel le vendredi, mars 27 2009, 20:20
Par nature je ne suis pas "speed". J'aime prendre mon temps. Aussi je m'organise pour "avoir le temps". Je me lève à temps pour partir ou faire quelque chose. J'organise mon temps à l'avance dans la journée. Et les imprévus ? Je les gère. Sans m'énerver. En me disant que ça apporte du piquant à ma vie. Et parfois ça me laisse du temps (annulation de rendez-vous, changement d'horaire, aide aux petits-enfants) pour rêver ou faire ce pour quoi j'étais en retard. J'ai remarqué que lorsque j'ai quelque chose d'urgent à faire en peu de temps, il se passe toujours quelque chose pour me permettre de le faire. Il suffit de faire confiance et les choses s'arrangent. J'ai connu le stress avec un patron qui était toujours en avance de trois idées : c'était passionnant et fatiguant à la fois. Et ma foi en Jésus Christ dans tout ça ? Je prie régulièrement le soir avant de me coucher. J'en ai besoin parce que j'ai besoin de poser en Lui ce que j'ai vécu dans la journée . En fait je le Lui donne, je me décharge, je me libère. Ouf! Je ne peux pas tout porter (je le croyais plus jeune et en voyant le résultat négatif j'ai compris), parfois c'est lourd du fait de problèmes familiaux de santé. Mon mari ne partage pas ma foi, il doute, mais finalement apprécie ma façon de vivre les événements dans le partage que nous en faisons. Je me passe difficilement de la messe (quand nos trois enfants étaient petits je remerciais le Seigneur d'offrir aux mères de famille cette heure de repos et de ressourcement). J'essaie de participer un peu à ce qui se passe à la paroisse mais, avec l'âge, j'ai du mal à sortir le soir quand la journée a été bien remplie. Car il faut du temps pour vivre avec mon mari aussi d'autant que nous n'avons pas du tout les mêmes activités. La confession ! Je sais que je vais connaître une grande joie d'avoir éprouvé la miséricorde du Seigneur, mais j'ai toujours autant de mal à me décider. C'est comme ça. Voilà comment je vis le temps qui nous est donné.
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